Kid Francescoli

Interview – Kid Francescoli

12 septembre 2022 Non Par LCR Magazine

Direction le Sud aujourd’hui avec Kid Francescoli dont le quatrième album, Play Me Again, est sorti en mars. Faisant suite à With Julia, paru en 2015, ce nouvel opus nous permet de retrouver l’artiste marseillais et sa muse américaine, Julia Minkin, dans un tout autre cadre et une toute autre relation mais l’osmose reste intacte.

Oubliés les souvenirs new-yorkais et la love story outre-Atlantique, c’est à présent au cœur de la belle cité phocéenne que Mathieu et Julia unissent leurs talents dans une complicité à présent uniquement musicale mais toujours fusionnelle.

Avant leur set au Festival Marsatac ce weekend et une date au Trianon à Paris cet automne, j’ai profité d’une escapade parisienne des deux artistes pour en savoir plus sur ce nouvel opus et la scène musicale marseillaise en générale avant de les laisser sous l’objectif de la photographe Michela Cuccagna.

Kid Francescoli portrait

Mathieu, c’est ton quatrième album et le second avec Julia. A défaut d’être également sentimentale, l’aventure musicale continue donc ?

Mathieu : Oui, l’aventure a été sentimentale dans ce qui a amené l’album précédent et à présent l’aventure est uniquement musicale mais de plus en plus complice.

With Julia avait été composé à ton retour de New York, pour Play Me Again vous avez choisi le bleu de la méditerranée comme point d’ancrage et comme couverture de l’album. Quelle influence Marseille a-t-elle eu sur cet album ?

Mathieu : C’est déjà la ville où l’album a été composé. En gros, le premier album racontait mon voyage à New York pour rencontrer Julia et là c’est l’inverse, c’est Julia qui arrive à Marseille. Je ne pense que la ville ait eu une influence très particulière sur la musique mais c’était en effet notre point d’ancrage.

Julia : Marseille est une belle découverte !

Comment sont répartis les rôles ?

Mathieu : En général, tout part d’une boucle instrumentale que je fais et Julia chante par-dessus mais ce n’est pas toujours la même recette. On utilise parfois une mélodie de Julia qui devient un thème joué au clavier ou un de mes thèmes qui devient une mélodie de voix. J’aime empiler des boucles et des mélodies et Julia écrit très bien !

Julia : Mathieu écrit aussi certaines paroles, je m’assure juste de vérifier les rimes et si l’ensemble a du sens. Je m’occupe aussi parfois de la musique, c’est le cas sur Bad Girls.

Les Vitrines est une double prise de risque : un premier titre en français mais également le premier clip où l’on vous voit tous les deux.

Mathieu : C’était une volonté de notre part et c’était intéressant de tourner le clip comme ça. On avait pris notre envol avec Blow Up et Does She ? puisque c’était des clips court-métrage réalisés par Hawaii & Smith mais on s’est dit qu’on allait faire quelque chose de plus simple pour Les Vitrines sinon ça allait finir en film d’1H30 ! Je ne pense pas que le titre en français soit un risque, c’est plus une tentative. A la dernière tournée on avait repris Pendant Que Les Champs Brûlent de Niagara et ça nous avait donné envie de faire une chanson en français. Je le prends plus comme une nouvelle expérience que pour un risque.

Le risque était donc plus pour toi Julia !

Julia : ça change beaucoup de chanter en français, ma voix est différente donc je ne la reconnais pas forcément.

Après un Café de La Danse qui affichait complet en mars, le Trianon vous attend en novembre. Seriez-vous prêts à quitter le Sud pour la capitale ?

Mathieu : Ah non ! A Marseille, j’ai un confort de vie. Je sais que ce n’est pas terrible de dire ça car confort rime souvent avec fainéantise et fin de l’inspiration mais c’est tellement agréable d’être à Marseille dans les beaux jours. On a la chance d’avoir un studio en plein centre-ville et de pouvoir aller se baigner en 10 minutes le matin. Quand je vois les loyers de mes potes musiciens à Paris ça ne me donne pas du tout envie ! Si avant on était peut-être un peu isolés à Marseille, ce n’est plus le cas.

Julia : Moi j’y réfléchis ! Mon visa se termine en 2018 donc j’aimerais bien voir un peu des deux villes. A Marseille je suis très étrangère alors que Paris est plus international. Ma qualité de vie à Marseille est incroyable. Je n’ai jamais eu un appart aussi bien avec balcon et une vue sur les montagnes !

La scène musicale marseillaise bénéficie depuis quelques années d’une certaine effervescence avec la réhabilitation et création de nouveaux espaces comme la Friche de La Belle de Mai par exemple. Quels sont vos spots de prédilection ?

Mathieu : Il y a la Friche de la Belle de Mai mais également beaucoup de clubs électro qui offrent une très belle programmation comme la Dame Noire ou le Baby. C’est justement à la Friche de la Belle de Mai que j’ai rencontré Nasser et toute la clique et maintenant on a un studio tous ensemble : Oh ! Tiger MountainNasserHusbandsFrench 79DiapositiveDate With Elvis et Kid Francescoli. Il est Rue Paradis et c’est un lieu de création, d’improvisation et de soirées qui regroupent un peu tous les lieux de prédilection que nous avions avant. Tout est au même endroit et ça n’a pas de prix !